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Droit immobilier

Avocat malfaçons et droit de la construction à Paris

La réponse de l’avocat

Après des travaux, le maître d’ouvrage (celui qui les a commandés) bénéficie de trois garanties légales à compter de la réception : la garantie de parfait achèvement (un an), la garantie de bon fonctionnement des équipements (deux ans) et la garantie décennale (dix ans) pour les désordres qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination (Code civil, art. 1792 et suivants). En pratique, la preuve passe presque toujours par une expertise judiciaire obtenue en référé.

Maître Estelle Boccara, Avocat au Barreau de ParisMis à jour le

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Construction & malfaçons · réponse sous 24 h

Confidentiel · secret professionnel

Parfait achèvement
1 an après réception
Bon fonctionnement
2 ans après réception
Garantie décennale
10 ans après réception
Assurance dommages-ouvrage
Réponse sous 60 jours

Malfaçons et construction : les garanties légales du maître d’ouvrage

Les malfaçons désignent tous les défauts d’exécution d’un ouvrage : fissures, infiltrations, carrelage qui se décolle, chauffage défaillant, non-conformité aux règles de l’art ou au contrat. Le droit de la construction organise leur réparation autour d’un événement central, la réception, et de trois garanties dues par les constructeurs (entrepreneurs, architectes, maîtres d’œuvre, bureaux d’études, vendeurs d’immeuble à construire, constructeurs de maison individuelle), définies aux articles 1792 et suivants du Code civil.

La garantie de parfait achèvement (art. 1792-6) oblige l’entrepreneur, pendant un an, à réparer les désordres réservés à la réception ou signalés par écrit dans l’année. La garantie de bon fonctionnement (art. 1792-3) couvre pendant deux ans les éléments d’équipement dissociables (chaudière, volets, robinetterie). La garantie décennale (art. 1792 et 1792-2) couvre pendant dix ans les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, y compris ceux des équipements indissociables : c’est une responsabilité de plein droit, dont le constructeur ne s’exonère qu’en prouvant une cause étrangère.

Les autres désordres, dits intermédiaires, relèvent de la responsabilité contractuelle de droit commun, qui se prescrit elle aussi par dix ans à compter de la réception (art. 1792-4-3). Deux assurances obligatoires financent ces garanties : l’assurance de responsabilité décennale du constructeur (Code des assurances, art. L. 241-1) et l’assurance dommages-ouvrage souscrite par le maître d’ouvrage (art. L. 242-1), qui préfinance les réparations de nature décennale sans attendre la recherche des responsabilités.

Vos droits selon votre situation

Maître d’ouvrage : particulier qui fait construire ou rénover

Vos droits naissent à la réception. Soyez exigeant ce jour-là : faites-vous assister, notez toutes les réserves, refusez de signer un procès-verbal vierge et conservez la retenue de garantie de 5 % prévue par le contrat ou la loi jusqu’à la levée des réserves. Après réception, signalez tout désordre nouveau par lettre recommandée dans l’année, pour préserver la garantie de parfait achèvement.

Si vous avez souscrit une assurance dommages-ouvrage, déclarez le sinistre par lettre recommandée : l’assureur a soixante jours pour prendre position sur la garantie, puis quatre-vingt-dix jours pour présenter une offre d’indemnité ; à défaut, vous pouvez engager les travaux et l’indemnité est majorée. Sans dommages-ouvrage, vous agissez directement contre les constructeurs et leurs assureurs décennaux. Dans un contrat de construction de maison individuelle, vous bénéficiez en outre d’une garantie de livraison à prix et délais convenus et de pénalités de retard.

Acquéreur en VEFA ou d’un bien récent

L’acquéreur en vente en l’état futur d’achèvement reçoit le bien à la livraison, distincte de la réception prononcée entre le promoteur et les entreprises. Les vices apparents et défauts de conformité doivent être dénoncés dans le mois de la prise de possession, et l’action introduite dans l’année qui suit (art. 1642-1 et 1648). Le solde du prix (5 %) peut être consigné en cas de réserves, et les retards de livraison ouvrent droit aux pénalités prévues au contrat, sauf cause légitime de suspension du délai.

L’acquéreur d’un bien de moins de dix ans bénéficie des garanties décennale et biennale, transmises avec la propriété : il peut agir contre les constructeurs et l’assureur dommages-ouvrage pour les désordres apparus après son achat. Si le défaut relève au contraire d’une vente d’immeuble ancien, c’est la garantie des vices cachés qui s’applique : voyez notre page vices cachés.

Ce que fait concrètement le cabinet

Formée en cabinets spécialisés en droit de la construction, Maître Boccara qualifie d’abord le désordre (parfait achèvement, bon fonctionnement, décennale, intermédiaire ou défaut de conformité), car cette qualification détermine le délai, le débiteur et l’assureur à actionner. Elle vérifie ensuite les pièces (devis, marché, procès-verbal de réception, attestations d’assurance, échanges avec l’entreprise) et sécurise les déclarations de sinistre.

Lorsque le désordre est contesté, elle assigne en référé-expertise devant le président du tribunal judiciaire (art. 145 CPC) tous les intervenants et leurs assureurs, afin que le rapport leur soit opposable. Elle vous assiste à chaque réunion d’expertise, rédige les dires (observations écrites adressées à l’expert) et discute le chiffrage. Sur la base du rapport, elle négocie avec les assureurs ou engage l’action au fond, puis suit l’exécution de la décision. Elle défend également les entrepreneurs et artisans mis en cause, dont la responsabilité est parfois recherchée à tort ou pour des montants excessifs.

Les erreurs à éviter et les délais à ne pas manquer

  • Laisser réparer avant tout constat. Faites établir un constat de commissaire de justice ou une expertise contradictoire avant toute reprise, sauf mesures conservatoires urgentes.
  • Payer intégralement avant la levée des réserves. La retenue de 5 % est votre principal levier.
  • Oublier de réserver ou de notifier dans l’année. Un désordre apparent non réservé à la réception est couvert par celle-ci ; un désordre nouveau non signalé par écrit échappe à la garantie de parfait achèvement.
  • Compter sur une lettre pour interrompre le délai décennal. Seule une assignation (référé-expertise ou fond) interrompt le délai de dix ans ; une mise en demeure ou une expertise amiable ne suffisent pas.
  • Ne pas appeler tous les intervenants à l’expertise. Un rapport n’est opposable qu’à ceux qui y ont été appelés ; l’assureur absent le contestera.
  • Confondre livraison et réception en VEFA. Vos délais de dénonciation courent à partir de la prise de possession.

Cas particuliers : travaux sans devis, entreprise en liquidation, copropriété

Sans devis ni contrat écrit, la relation contractuelle et l’assurance décennale se prouvent par tous moyens (factures, courriels, virements) ; le cabinet reconstitue la chaîne des intervenants. Lorsque l’entreprise a disparu ou est en liquidation judiciaire, l’action directe contre son assureur décennale reste ouverte : il faut identifier l’assureur à la date d’ouverture du chantier. Dans une copropriété, les désordres affectant les parties communes relèvent du syndicat, représenté par le syndic, et ceux des parties privatives de chaque copropriétaire ; voyez notre page copropriété. Enfin, un désordre de construction peut aussi engager la responsabilité d’un vendeur professionnel ou d’un diagnostiqueur : notre article vices cachés : quel recours après un achat immobilier ? détaille ces recours.

Comment se déroule la procédure ?

  1. 01Réception et réservesLa réception, contradictoire et écrite, fait courir les garanties. Les désordres visibles y sont réservés ; ceux qui apparaissent ensuite sont notifiés par écrit.
  2. 02Constat et mise en demeurePhotos, constat de commissaire de justice, devis de reprise ; mise en demeure de l’entreprise par lettre recommandée avec un délai pour intervenir.
  3. 03Déclaration de sinistreDéclaration à l’assureur dommages-ouvrage s’il existe et à l’assureur décennale du constructeur, dont l’attestation doit figurer au devis.
  4. 04Référé-expertiseAssignation de tous les intervenants et de leurs assureurs devant le président du tribunal judiciaire (art. 145 CPC) ; l’expert chiffre et impute les désordres.
  5. 05IndemnisationSur la base du rapport, transaction avec les assureurs ou action au fond en condamnation ; suivi de l’exécution et de la reprise des travaux.

Chaque dossier est unique. Parlons du vôtre.

Textes de référence

  • Code civil, art. 1792 à 1792-7 (garanties des constructeurs)
  • Code civil, art. 1642-1 et 1648 (vente en l’état futur d’achèvement)
  • Code des assurances, art. L. 241-1 et L. 242-1 (assurances obligatoires)
  • Code de procédure civile, art. 145 (référé-expertise)
Maître Estelle Boccara

Maître Estelle Boccara

Avocat au Barreau de Paris. Formée au sein de cabinets spécialisés en droit immobilier et de la construction, Estelle Boccara défend aujourd’hui particuliers, entreprises et institutionnels.

Questions fréquentes.

Mon artisan refuse de reprendre les malfaçons, que faire ?

Adressez-lui une mise en demeure par lettre recommandée décrivant les désordres et fixant un délai. Sans réaction, actionnez la garantie adaptée (parfait achèvement, décennale) et l’assureur de l’entreprise, dont les coordonnées figurent normalement sur le devis. Si le désordre est grave ou contesté, demandez une expertise judiciaire en référé : le rapport de l’expert conditionne l’indemnisation.

Quand commence la garantie décennale ?

À la date de la réception des travaux, avec ou sans réserves. La réception est l’acte, en principe écrit et contradictoire, par lequel vous acceptez l’ouvrage. En l’absence de procès-verbal, les juges peuvent retenir une réception tacite, par exemple lorsque vous avez pris possession des lieux et payé l’essentiel du prix sans contestation. Cette date fixe le point de départ des trois garanties.

Je n’ai pas souscrit d’assurance dommages-ouvrage, ai-je un recours ?

Oui. L’assurance dommages-ouvrage n’est qu’un préfinancement : sans elle, vous devez établir la responsabilité du constructeur, ce qui prend plus de temps. Vous pouvez agir contre l’entreprise et exercer une action directe contre son assureur décennale, obligatoire pour tout constructeur (Code des assurances, art. L. 241-1 et L. 124-3). L’absence de dommages-ouvrage complique en revanche la revente du bien pendant dix ans.

Sans réception des travaux, suis-je protégé ?

Les garanties légales supposent une réception. Si le chantier est abandonné ou le procès-verbal jamais signé, vous pouvez demander au juge de prononcer une réception judiciaire, ou invoquer une réception tacite. À défaut, la responsabilité contractuelle de droit commun de l’entreprise reste engagée, et l’assurance dommages-ouvrage peut intervenir avant réception lorsque le contrat a été résilié après mise en demeure infructueuse.

Combien coûte et combien de temps dure une expertise judiciaire ?

L’expert est rémunéré sur une provision (consignation) fixée par le juge et avancée par le demandeur, souvent de quelques milliers d’euros, qui s’ajoute aux honoraires d’avocat et aux frais de commissaire de justice ; ces sommes sont en principe récupérées sur les responsables à l’issue du procès. Une expertise comporte plusieurs réunions sur site et dure fréquemment de six mois à plus d’un an.

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