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Droit pénal

Avocat pour victimes à Paris : plainte et indemnisation

La réponse de l’avocat

La victime d’une infraction peut déposer une plainte simple, puis, en cas de classement ou de silence du procureur pendant trois mois, saisir directement le juge d’instruction par une plainte avec constitution de partie civile (art. 85 du Code de procédure pénale). Partie civile, elle accède au dossier, demande des actes et obtient la réparation intégrale de ses préjudices. Si l’auteur est inconnu ou insolvable, la CIVI ou le SARVI permettent d’être indemnisé.

Maître Estelle Boccara, Avocat au Barreau de ParisMis à jour le

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Assistance aux victimes · réponse sous 24 h

Confidentiel · secret professionnel

Plainte avec partie civile
Après 3 mois sans réponse
Prescription des délits
6 ans (crimes : 20 ans)
Saisine de la CIVI
3 ans après les faits
Saisine du SARVI
1 an après le jugement

Vos droits en tant que victime d’une infraction

Un avocat pour victimes à Paris a une mission précise : transformer une plainte en réparation effective. Toute personne ayant personnellement souffert d’un dommage directement causé par une infraction peut exercer l’action civile devant le juge pénal (art. 2 du Code de procédure pénale). Vous obtenez ainsi, dans le même procès, la condamnation de l’auteur et l’indemnisation de vos préjudices, sans engager une procédure civile séparée.

La première étape est la plainte simple, déposée au commissariat ou à la gendarmerie, qui ne peuvent la refuser (art. 15-3), ou adressée par courrier au procureur de la République. Pour certaines atteintes aux biens, un dépôt en ligne est possible. Le procureur décide ensuite de poursuivre, de proposer une alternative aux poursuites ou de classer sans suite ; il doit vous informer de sa décision et de vos possibilités de recours.

Les délais de prescription encadrent votre action : six ans pour les délits, vingt ans pour les crimes, un an pour les contraventions, à compter des faits (art. 7 à 9). Des régimes plus favorables existent pour les infractions sexuelles et les violences sur mineurs, dont le délai court à partir de la majorité de la victime, et pour les infractions dissimulées. Le cabinet vérifie ces délais avant toute démarche.

Plainte simple ou plainte avec constitution de partie civile ?

Après un classement sans suite ou un silence du procureur

L’article 85 du Code de procédure pénale vous permet de saisir directement le doyen des juges d’instruction par une plainte avec constitution de partie civile. En matière de délit, elle est recevable si le procureur a classé votre plainte ou n’a pas répondu dans un délai de trois mois ; pour les crimes et certains délits, cette condition n’est pas exigée. L’ouverture d’une information judiciaire est alors obligatoire, sauf irrecevabilité. Le juge fixe une consignation adaptée à vos ressources (art. 88), dont vous êtes dispensé avec l’aide juridictionnelle.

Lorsque des poursuites sont déjà engagées

Vous pouvez vous constituer partie civile devant le juge d’instruction saisi, ou devant le tribunal correctionnel, jusqu’aux réquisitions du procureur sur le fond (art. 418 à 421). Vous devenez alors partie au procès : accès au dossier par votre avocat, demandes d’actes, d’expertises et de confrontations, recours contre les ordonnances du juge, et présentation de vos demandes indemnitaires. En cas de comparution immédiate de l’auteur, tout se joue en quelques heures : prévenez le cabinet dès que vous êtes informé de l’audience.

Obtenir la réparation intégrale de votre préjudice

Le principe est la réparation intégrale : tout le préjudice, mais rien que le préjudice. Chaque poste est identifié et chiffré selon la nomenclature Dintilhac : dépenses de santé, pertes de revenus, incidence professionnelle, déficit fonctionnel temporaire et permanent, souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’agrément, préjudice moral des proches. Les atteintes aux biens et le préjudice économique de l’entreprise victime sont évalués sur factures, devis et attestations comptables.

Pour les dommages corporels, l’expertise médicale est décisive. Le cabinet sollicite une expertise judiciaire ou organise une expertise amiable, vous prépare à l’examen, vous assiste avec un médecin-conseil si nécessaire et discute le rapport. L’incapacité totale de travail (ITT) fixée par le médecin détermine en outre la qualification pénale des violences : au-delà de huit jours, il s’agit d’un délit (art. 222-11 du Code pénal). Une provision peut être demandée en cours de procédure.

Le jugement condamne l’auteur à des dommages-intérêts, parfois après un renvoi sur intérêts civils lorsque l’état de la victime n’est pas consolidé. Le cabinet en assure l’exécution : signification, recouvrement par commissaire de justice, saisies. Pour les préjudices résultant d’un accident de la circulation, la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 et l’assureur du responsable prennent le relais : consultez notre pilier droit routier.

Quand l’auteur est inconnu, insolvable ou ne paie pas : CIVI et SARVI

La commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI), installée dans chaque tribunal judiciaire, peut être saisie même si l’auteur n’est pas identifié ou n’a pas été jugé. Pour les atteintes graves à la personne (art. 706-3 : décès, incapacité permanente, ITT d’au moins un mois, viol et agressions sexuelles, traite des êtres humains), l’indemnisation est intégrale et sans condition de ressources. Pour certaines atteintes aux biens et les blessures légères (art. 706-14), elle est soumise à des conditions de ressources et plafonnée. Le Fonds de garantie des victimes (FGTI) paie, puis se retourne contre l’auteur.

Le délai de saisine est de trois ans à compter de l’infraction, prorogé jusqu’à un an après la décision pénale définitive lorsque des poursuites ont été engagées (art. 706-5). Le service d’aide au recouvrement des victimes d’infractions (SARVI, art. 706-15-1 et suivants) s’adresse aux victimes qui ne relèvent pas de la CIVI mais disposent d’un jugement définitif allouant des dommages-intérêts : il verse intégralement les sommes modestes et une avance partielle au-delà, puis recouvre le reste auprès du condamné. La demande doit être formée dans l’année suivant le jugement devenu définitif.

Les erreurs à éviter et les soutiens disponibles

Une procédure pénale est longue et éprouvante pour la victime. Quelques réflexes évitent des pertes de droits :

  • consulter rapidement un médecin et faire constater les blessures, y compris psychologiques, par un certificat mentionnant l’ITT ;
  • conserver toutes les preuves : messages, photographies, témoignages, factures, relevés bancaires ;
  • ne pas accepter une transaction ou un désistement sans avis juridique, surtout sous la pression de l’auteur ;
  • se constituer partie civile avant les réquisitions du procureur, sous peine de perdre le procès pénal comme voie d’indemnisation ;
  • surveiller les délais propres à la CIVI et au SARVI, qui courent indépendamment du procès.

Vous n’êtes pas seul : les bureaux d’aide aux victimes des tribunaux judiciaires et les associations conventionnées, joignables au 116 006, vous informent et vous accompagnent gratuitement. L’aide juridictionnelle est accordée sans condition de ressources aux victimes des crimes les plus graves contre la personne. Pour les violences au sein du couple, une ordonnance de protection peut être obtenue en urgence : consultez notre pilier droit de la famille.

Comment se déroule la procédure ?

  1. 01Dépôt de plainteRédaction d’une plainte précise et documentée, déposée au commissariat, à la gendarmerie ou adressée au procureur de la République, avec récépissé.
  2. 02Constitution de partie civileDevant le juge d’instruction (art. 85) ou à l’audience : vous devenez partie au procès, avec accès au dossier et droit de demander des actes.
  3. 03Évaluation du préjudiceExpertise médicale, pièces justificatives, chiffrage poste par poste selon la nomenclature Dintilhac : matériel, moral, corporel, économique.
  4. 04Audience et jugementLe cabinet plaide vos demandes de dommages-intérêts ; le tribunal statue sur la culpabilité et sur votre indemnisation, parfois après renvoi sur intérêts civils.
  5. 05Recouvrement de l’indemnisationExécution contre le condamné ou saisine de la CIVI ou du SARVI lorsque l’auteur est inconnu, insolvable ou ne paie pas.

Chaque dossier est unique. Parlons du vôtre.

Textes de référence

  • Code de procédure pénale, art. 2, 3 et 85 à 91 (action civile, plainte avec constitution de partie civile)
  • Code de procédure pénale, art. 418 à 426 (constitution de partie civile devant le tribunal)
  • Code de procédure pénale, art. 706-3 à 706-15 (CIVI) et 706-15-1 à 706-15-4 (SARVI)
  • Code de procédure pénale, art. 7 à 9-1 (prescription de l’action publique)
Maître Estelle Boccara

Maître Estelle Boccara

Avocat au Barreau de Paris. Formée au sein de cabinets spécialisés en droit immobilier et de la construction, Estelle Boccara défend aujourd’hui particuliers, entreprises et institutionnels.

Questions fréquentes.

Faut-il un avocat pour porter plainte ?

Non, la plainte peut être déposée seul, et les services de police ont l’obligation de la recevoir (art. 15-3). Mais une plainte rédigée par un avocat, avec les textes visés, les preuves jointes et une chronologie claire, augmente nettement les chances de poursuites. Surtout, l’avocat suit ensuite la procédure et prépare la constitution de partie civile, indispensable pour être indemnisé.

Que faire si ma plainte est classée sans suite ?

Vous pouvez saisir le juge d’instruction par une plainte avec constitution de partie civile (art. 85). Pour un délit, elle est recevable après un classement sans suite ou après trois mois sans réponse du procureur. Le juge fixe une consignation, restituée en fin de procédure sauf abus, dont vous êtes dispensé si vous bénéficiez de l’aide juridictionnelle. Une citation directe devant le tribunal est aussi possible pour certains délits.

Combien de temps ai-je pour agir après une infraction ?

En principe six ans pour un délit et vingt ans pour un crime, à compter des faits (art. 7 et 8). La loi prévoit des délais plus longs, courant parfois à partir de la majorité de la victime, pour les infractions sexuelles et les violences sur mineurs, et des délais reportés pour les infractions dissimulées. Pour la CIVI, la demande doit être formée dans les trois ans des faits ou dans l’année de la décision pénale définitive.

Qui m’indemnise si l’auteur est inconnu ou insolvable ?

La commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI), siégeant au tribunal judiciaire, indemnise intégralement les atteintes graves à la personne (décès, incapacité permanente, incapacité de travail d’au moins un mois, agressions sexuelles) et, sous conditions de ressources et dans une limite plafonnée, certaines atteintes aux biens. Pour les autres cas, le SARVI avance les dommages-intérêts accordés par le jugement, puis les recouvre auprès du condamné.

Puis-je me constituer partie civile le jour de l’audience ?

Oui. La constitution de partie civile peut être faite à l’audience, avant les réquisitions du procureur sur le fond (art. 421), ou par lettre recommandée parvenue au tribunal au moins vingt-quatre heures avant l’audience pour une demande de dommages-intérêts (art. 420-1). Préparez vos pièces en amont : le tribunal n’alloue que ce qui est justifié, et un renvoi sur intérêts civils retarde l’indemnisation.

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