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Droit routier

Avocat excès de vitesse et grand excès à Paris

La réponse de l’avocat

Un excès de vitesse coûte de 1 à 6 points selon le dépassement retenu après déduction de la marge technique, et aucun point pour moins de 5 km/h depuis 2024. À partir de 50 km/h au-dessus de la limite, c’est un grand excès : contravention de 5e classe, rétention immédiate du permis, suspension possible et délit en cas de récidive. L’avis de contravention se conteste dans les 45 jours, sans le payer.

Maître Estelle Boccara, Avocat au Barreau de ParisMis à jour le

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Excès de vitesse · réponse sous 24 h

Confidentiel · secret professionnel

Moins de 20 km/h
−1 point (0 si < 5 km/h)
De 20 à 49 km/h
−2 à −4 points
50 km/h et plus
−6 points, 5e classe
Contestation de l’avis
45 jours, sans payer

Excès de vitesse : le barème des points et des amendes

L’excès de vitesse est une contravention dont la classe, l’amende et le retrait de points dépendent du dépassement retenu (Code de la route, art. R. 413-14 et R. 413-14-1). Depuis le 1er janvier 2024, un dépassement inférieur à 5 km/h ne retire plus de point ; l’amende reste due. En agglomération, ou lorsque la limitation est inférieure ou égale à 50 km/h, l’amende du petit excès passe de la 3e à la 4e classe.

Dépassement retenu Classe Amende forfaitaire Points Suspension du permis
Moins de 5 km/h 3e ou 4e 68 € ou 135 € 0 Non
5 à 19 km/h 3e ou 4e 68 € ou 135 € −1 Non
20 à 29 km/h 4e 135 € −2 Non
30 à 39 km/h 4e 135 € −3 Judiciaire, 3 ans au plus
40 à 49 km/h 4e 135 € −4 Rétention, administrative, judiciaire
50 km/h et plus 5e Jusqu’à 1 500 € (tribunal) −6 Rétention, administrative, judiciaire

La vitesse retenue est la vitesse mesurée diminuée de la marge technique fixée par l’arrêté du 4 juin 2009 relatif aux cinémomètres : 5 km/h en dessous de 100 km/h et 5 % au-delà pour un radar fixe ou posté, 10 km/h et 10 % pour un radar embarqué dans un véhicule en mouvement. Cette déduction figure déjà sur l’avis. Un conducteur flashé à 56 km/h en ville est ainsi poursuivi pour 51 km/h : moins de 5 km/h de dépassement, 135 € d’amende et aucun point.

Radar automatique, désignation et contestation de l’avis

Vous étiez au volant de votre véhicule

L’avis est adressé au titulaire du certificat d’immatriculation. Vous pouvez payer dans les 45 jours (amende minorée dans les 15 jours), ce qui établit l’infraction et retire les points, ou déposer une requête en exonération dans ce même délai de 45 jours, sans payer. Elle vise l’officier du ministère public, en ligne sur le site de l’ANTAI ou par lettre recommandée, et doit être accompagnée d’une consignation égale au montant de l’amende, restituée en cas de classement ou de relaxe (Code de procédure pénale, art. 529-10).

Vous n’étiez pas le conducteur

Deux voies s’offrent à vous. La désignation du conducteur réel transfère l’avis et les points sur son permis. À défaut, vous pouvez contester en consignant sans désigner personne : si le cliché ne permet pas de vous identifier, vous ne pouvez être déclaré que redevable pécuniairement de l’amende (Code de la route, art. L. 121-3), sans retrait de points ni inscription au casier judiciaire. Le cliché s’obtient sur demande auprès de l’ANTAI. Une fausse désignation, en revanche, expose à des poursuites.

Le véhicule appartient à une société

Depuis 2017, le représentant légal d’une personne morale doit désigner le conducteur dans les 45 jours (art. L. 121-6), sauf vol, usurpation de plaques ou force majeure. À défaut, une contravention de 4e classe spécifique est encourue, dont l’amende forfaitaire est quintuplée lorsqu’elle vise la société elle-même, en plus de l’amende initiale. Notre page dédiée détaille la contestation d’une amende et les pièges de la désignation.

Grand excès de vitesse : 50 km/h et plus, récidive et suspension

Dès 40 km/h de dépassement, si vous êtes intercepté, les forces de l’ordre retiennent votre permis 72 heures et le préfet peut le suspendre jusqu’à six mois (art. L. 224-1 et L. 224-2). À 50 km/h et plus, la contravention relève de la 5e classe et du tribunal de police : jusqu’à 1 500 € d’amende, suspension de trois ans au plus, éventuellement limitée à la conduite hors activité professionnelle, immobilisation ou confiscation du véhicule, stage, et retrait de six points.

Un nouveau grand excès dans les trois ans suivant une condamnation définitive constitue un délit (art. L. 413-1) : trois mois d’emprisonnement et 3 750 € d’amende, suspension jusqu’à trois ans sans aménagement, confiscation du véhicule, jugement par le tribunal correctionnel. La suspension préfectorale prise entre-temps s’impute sur la suspension judiciaire, et le recours contre l’arrêté doit être formé dans les deux mois.

Ce que fait le cabinet pour contester votre excès de vitesse

Nous examinons d’abord la mesure : type de cinémomètre, marge appliquée, date de la dernière vérification annuelle de l’appareil (demandée avec son carnet métrologique), signalisation de la limitation, conditions de l’interception, mentions du procès-verbal ou de l’avis. Nous vérifions ensuite le délai de 45 jours, les modalités de consignation et l’identification du conducteur sur le cliché, avant de choisir entre paiement, désignation et requête en exonération.

Lorsqu’une audience est nécessaire, devant le tribunal de police ou, en récidive, le tribunal correctionnel, nous vous représentons, soulevons les nullités et plaidons une peine compatible avec votre activité. Nous coordonnons enfin les suites administratives : contestation de l’arrêté préfectoral, suivi du retrait de points et, si le solde devient critique, planification d’un stage de récupération.

Les erreurs à éviter et les délais à ne pas manquer

  • Payer pour être tranquille : le paiement vaut reconnaissance et retire les points ; c’est irréversible.
  • Laisser passer 45 jours : l’amende devient majorée et la contestation se transforme en réclamation, enfermée dans un délai de 30 jours.
  • Contester sans consigner : pour une infraction relevée par radar, la requête est déclarée irrecevable si la consignation manque.
  • Désigner un proche par complaisance : la fausse désignation est une infraction et le cliché peut la contredire.
  • Oublier le recours administratif : après un grand excès, l’arrêté de suspension se conteste dans les deux mois, indépendamment de l’audience.
  • Négliger le cumul : plusieurs petits excès retirent autant de points qu’un grand ; consultez votre solde et lisez notre article sur la contestation d’un retrait de points.

Comment se déroule la procédure ?

  1. 01Analyse de l’avis ou du PVVitesse mesurée et retenue, type de radar, marge appliquée, lieu, limitation en vigueur, identité du conducteur.
  2. 02Choix de la stratégieRequête en exonération, désignation, demande du cliché, ou préparation de l’audience pour un grand excès.
  3. 03Requête sous 45 joursContestation motivée adressée à l’officier du ministère public, avec consignation lorsqu’elle est exigée.
  4. 04AudienceTribunal de police, ou tribunal correctionnel en récidive de grand excès : nullités, contestation de la mesure, peine.
  5. 05Suites administrativesContestation de la suspension préfectorale, suivi des points et de leur reconstitution.

Chaque dossier est unique. Parlons du vôtre.

Textes de référence

  • Code de la route, art. R. 413-14 (barème des excès de vitesse) et R. 413-14-1 (grand excès de 50 km/h et plus)
  • Code de la route, art. L. 413-1 (récidive de grand excès de vitesse : délit)
  • Code de la route, art. L. 224-1 et L. 224-2 (rétention et suspension administrative dès 40 km/h)
  • Code de procédure pénale, art. 529-2 et 529-10 (requête en exonération sous 45 jours, consignation)
Maître Estelle Boccara

Maître Estelle Boccara

Avocat au Barreau de Paris. Formée au sein de cabinets spécialisés en droit immobilier et de la construction, Estelle Boccara défend aujourd’hui particuliers, entreprises et institutionnels.

Questions fréquentes.

Quel est le délai pour contester un excès de vitesse ?

45 jours à compter de l’envoi de l’avis de contravention, par requête en exonération adressée à l’officier du ministère public, sans payer l’amende. Pour un radar, une consignation du montant de l’amende est exigée, sauf désignation du conducteur. Passé ce délai, l’amende est majorée et seule une réclamation, dans les 30 jours, reste possible.

Quelle marge d’erreur est appliquée à la vitesse mesurée ?

5 km/h en dessous de 100 km/h et 5 % au-delà pour un radar fixe ou posté ; 10 km/h et 10 % pour un radar embarqué dans un véhicule en mouvement. La marge est déjà déduite sur l’avis : c’est la « vitesse retenue » qui détermine l’amende et les points. Une mesure à 56 km/h en ville devient ainsi 51 km/h.

Quels sont les risques d’un grand excès de vitesse ?

À 50 km/h et plus, l’infraction est une contravention de 5e classe jugée par le tribunal de police : jusqu’à 1 500 € d’amende, six points, suspension du permis jusqu’à trois ans, confiscation possible du véhicule, stage. Si vous êtes intercepté, le permis est retenu 72 heures et le préfet peut le suspendre. En récidive dans les trois ans, c’est un délit.

Dois-je désigner le conducteur ?

Un particulier n’y est pas obligé : il peut payer, désigner le conducteur réel ou contester en consignant, auquel cas il ne peut être déclaré que redevable de l’amende, sans retrait de points, si le cliché ne l’identifie pas. Une société doit en revanche désigner le conducteur dans les 45 jours (art. L. 121-6), sous peine d’une amende spécifique.

Un excès de vitesse peut-il entraîner une suspension du permis ?

Oui. Dès 40 km/h de dépassement avec interception, le permis est retenu 72 heures et le préfet peut prononcer une suspension administrative de six mois au plus. Dès 30 km/h, le tribunal peut prononcer une suspension jusqu’à trois ans, éventuellement limitée à la conduite hors activité professionnelle. Sans interception, seule cette suspension judiciaire est possible.

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