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Droit routier

Avocat alcool au volant et stupéfiants à Paris

La réponse de l’avocat

Entre 0,5 et 0,8 g/l de sang (0,25 à 0,40 mg/l d’air expiré), l’alcool au volant est une contravention : amende, retrait de six points, suspension possible. À partir de 0,8 g/l, comme pour la conduite après usage de stupéfiants, c’est un délit puni de deux ans d’emprisonnement et 4 500 € d’amende, avec suspension ou annulation du permis. La régularité du contrôle et des analyses est le premier axe de défense.

Maître Estelle Boccara, Avocat au Barreau de ParisMis à jour le

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Alcool & stupéfiants · réponse sous 24 h

Confidentiel · secret professionnel

Contravention alcool
0,5 à 0,8 g/l de sang
Délit alcool
≥ 0,8 g/l (0,40 mg/l air)
Permis probatoire
0,2 g/l maximum
Peine encourue (délit)
2 ans, 4 500 €, −6 points

Alcool au volant : seuils, contravention et délit

L’alcoolémie se mesure dans le sang (g/l) ou dans l’air expiré (mg/l). Entre 0,5 et 0,8 g/l de sang, soit 0,25 à 0,40 mg/l d’air expiré, la conduite en état alcoolique est une contravention de 4e classe (Code de la route, art. R. 234-1) : amende forfaitaire de 135 €, retrait de six points, suspension du permis jusqu’à trois ans, rétention et suspension administrative possibles. En permis probatoire et pour les conducteurs de transport en commun, le seuil est abaissé à 0,2 g/l.

À partir de 0,8 g/l de sang (0,40 mg/l d’air expiré), ou en cas d’ivresse manifeste, il s’agit d’un délit (art. L. 234-1) puni de deux ans d’emprisonnement et 4 500 € d’amende. S’y ajoutent le retrait de six points, une suspension pouvant atteindre trois ans sans aménagement professionnel, l’annulation possible du permis, l’interdiction de conduire un véhicule sans éthylotest anti-démarrage, un stage et la confiscation possible du véhicule. En récidive, les peines doublent, l’annulation est automatique et la confiscation du véhicule devient la règle.

Conduite après usage de stupéfiants : l’article L. 235-1

La conduite après usage de stupéfiants est un délit puni des mêmes peines : deux ans d’emprisonnement, 4 500 € d’amende, six points, suspension de trois ans au plus, annulation possible. Il n’existe aucun seuil de tolérance : la seule présence de la substance dans l’organisme suffit, même plusieurs jours après la consommation et sans trouble apparent de la conduite. Lorsque l’alcool s’y ajoute, les peines montent à trois ans d’emprisonnement et 9 000 € d’amende.

Le contrôle commence par un test salivaire de dépistage. S’il est positif, un prélèvement salivaire, ou sanguin, est envoyé au laboratoire pour confirmer et identifier la substance. Vous devez être informé de votre droit de demander sur-le-champ un prélèvement sanguin de contrôle ; l’analyse de contrôle doit ensuite être réclamée dans les cinq jours de la notification des résultats. Le refus de se soumettre au dépistage ou aux vérifications est lui-même un délit (art. L. 235-3, et L. 234-8 pour l’alcool), puni comme la conduite sous stupéfiants.

Vos droits selon le stade de la procédure

Au moment du contrôle

Le dépistage par éthylotest est suivi d’une vérification par éthylomètre, appareil homologué et vérifié chaque année, ou par prise de sang. Vous avez le droit de demander une seconde mesure immédiatement après la première, et l’agent doit vous en informer. Une garde à vue ou une audition libre peut suivre ; vous pouvez y être assisté d’un avocat. Ne signez le procès-verbal que s’il reflète exactement le déroulement du contrôle.

Après la rétention et l’arrêté préfectoral

Le permis est retenu 72 heures, ou 120 heures lorsque des analyses de stupéfiants sont attendues, puis le préfet peut prononcer une suspension administrative de six mois au plus, un an dans les cas les plus graves. Cet arrêté se conteste dans les deux mois devant le tribunal administratif, sans effet suspensif ; un référé-suspension est possible en cas d’urgence professionnelle.

Devant le tribunal

Un premier délit d’alcool ou de stupéfiants est souvent orienté vers une composition pénale, une ordonnance pénale ou une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Ces voies rapides retirent les points, s’inscrivent au casier judiciaire et emportent souvent une suspension : elles ne doivent être acceptées qu’après analyse du dossier. Devant le tribunal correctionnel, la nullité du contrôle, la contestation du taux et la personnalisation de la peine se plaident pleinement.

Ce que fait le cabinet pour votre défense

Nous demandons l’intégralité de la procédure : procès-verbaux, résultats d’éthylomètre ou d’analyse, carnet métrologique de l’appareil, notification des droits, horaires. Nous vérifions la chaîne complète : homologation et vérification annuelle de l’éthylomètre, information sur la seconde mesure, délai entre le dépistage et la vérification, conditions du prélèvement salivaire, respect du délai de rétention, mentions du procès-verbal. Chaque irrégularité est appréciée au regard de ses conséquences concrètes sur la preuve.

Nous construisons ensuite une défense adaptée : nullité, relaxe lorsque le taux ou la présence du produit n’est pas établi de façon certaine, ou peine personnalisée tenant compte de votre emploi, de votre situation familiale et de vos démarches (consultation d’addictologie, stage volontaire). Après le jugement, nous préparons la commission médicale, indispensable pour récupérer le permis, et suivons la reconstitution de votre capital de points.

Les erreurs à éviter

  • Refuser le contrôle : le refus est un délit puni comme la conduite en état alcoolique ou sous stupéfiants, sans le bénéfice du doute sur le taux.
  • Accepter une composition pénale ou une CRPC sans avis : les délais de réflexion sont courts et la décision, une fois exécutée, produit tous ses effets (points, casier, suspension).
  • Ne pas demander la contre-expertise : pour les stupéfiants, l’analyse de contrôle doit être réclamée dans les cinq jours de la notification des résultats.
  • Conduire pendant la rétention ou la suspension : c’est un nouveau délit, qui aggrave la peine et expose à l’annulation.
  • Attendre la convocation : le recours contre l’arrêté préfectoral se prescrit en deux mois, bien avant l’audience.
  • Négliger la commission médicale : les analyses biologiques exigées se préparent plusieurs semaines à l’avance ; un avis d’inaptitude prolonge de fait l’interdiction de conduire.

Comment se déroule la procédure ?

  1. 01Contrôle et dépistageÉthylotest ou test salivaire, puis vérification par éthylomètre, prise de sang ou analyse salivaire en laboratoire.
  2. 02Rétention et suspensionRétention de 72 h (120 h pour les stupéfiants), puis arrêté préfectoral de suspension, contestable dans les deux mois.
  3. 03Analyse de la procédureVérification de l’appareil, des délais, de la notification de vos droits, de la contre-expertise et des mentions du procès-verbal.
  4. 04Audience ou alternativeComposition pénale, ordonnance pénale, CRPC ou tribunal correctionnel : nullités, contestation du taux, personnalisation de la peine.
  5. 05Récupération du permisCommission médicale, analyses biologiques, éthylotest anti-démarrage, reconstitution des points.

Chaque dossier est unique. Parlons du vôtre.

Textes de référence

  • Code de la route, art. L. 234-1 et s. (conduite en état alcoolique, refus, récidive)
  • Code de la route, art. R. 234-1 (contravention de 0,5 à 0,8 g/l ; seuil de 0,2 g/l en permis probatoire)
  • Code de la route, art. L. 235-1 et s. (conduite après usage de stupéfiants, dépistage, refus)
  • Code de la route, art. L. 224-1 et L. 224-2 (rétention et suspension administrative)
Maître Estelle Boccara

Maître Estelle Boccara

Avocat au Barreau de Paris. Formée au sein de cabinets spécialisés en droit immobilier et de la construction, Estelle Boccara défend aujourd’hui particuliers, entreprises et institutionnels.

Questions fréquentes.

Peut-on contester le résultat de l’éthylomètre ?

Oui. L’éthylomètre doit être homologué et vérifié chaque année, et l’agent doit vous informer de votre droit à une seconde mesure. L’absence de ces garanties, un délai anormal entre le dépistage et la vérification ou des mentions incomplètes du procès-verbal se discutent devant le tribunal. Les marges d’erreur de l’appareil peuvent aussi être invoquées lorsque le taux mesuré est proche d’un seuil.

Risque-t-on la prison pour une première conduite en état alcoolique ?

La peine encourue est de deux ans d’emprisonnement, mais un premier délit sans accident ni récidive est le plus souvent sanctionné par une amende, une suspension de permis, un stage ou l’obligation d’un éthylotest anti-démarrage, fréquemment par ordonnance pénale ou CRPC. Le taux, les circonstances et votre situation personnelle pèsent sur la peine.

Comment se déroule un contrôle de stupéfiants ?

Un test salivaire de dépistage est pratiqué. S’il est positif, un prélèvement salivaire est analysé en laboratoire pour confirmer et identifier la substance ; vous pouvez demander un prélèvement sanguin de contrôle. Aucun seuil de tolérance n’existe : la seule présence du produit suffit, même plusieurs jours après la consommation. Le permis est retenu jusqu’à 120 heures.

Que se passe-t-il si je refuse de me soumettre au contrôle ?

Le refus de se soumettre aux vérifications d’alcoolémie ou de stupéfiants est un délit distinct (art. L. 234-8 et L. 235-3), puni comme la conduite en état alcoolique : deux ans d’emprisonnement, 4 500 € d’amende, six points, suspension jusqu’à trois ans, annulation possible. Il entraîne aussi la rétention immédiate du permis. Refuser n’est donc jamais une stratégie.

Quelles sanctions en cas de récidive ?

En récidive légale, les peines encourues doublent (quatre ans d’emprisonnement, 9 000 € d’amende), l’annulation du permis est automatique avec interdiction de le repasser jusqu’à trois ans, et la confiscation du véhicule dont vous êtes propriétaire devient la règle, sauf décision spécialement motivée. Un emprisonnement, éventuellement aménagé, est alors sérieusement envisagé par les tribunaux.

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