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Droit de la famille

Avocat succession à Paris : partage, réserve, testament

La réponse de l’avocat

Au décès, la succession est réglée selon la loi ou selon le testament, dans la limite de la réserve héréditaire des enfants. Chaque héritier dispose d’au moins quatre mois pour accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l’actif net ou renoncer. Les biens sont ensuite partagés à l’amiable, le plus souvent devant notaire ; si un héritier bloque ou conteste, le tribunal judiciaire du lieu d’ouverture de la succession ordonne le partage. L’avocat défend votre part et vos droits.

Maître Estelle Boccara, Avocat au Barreau de ParisMis à jour le

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Successions & héritage · réponse sous 24 h

Confidentiel · secret professionnel

Option de l’héritier
4 mois minimum
Réserve d’un enfant unique
1/2 de la succession
Déclaration fiscale
6 mois après le décès
Partage judiciaire
Tribunal judiciaire

Comprendre la dévolution d’une succession

La succession s’ouvre au décès, au dernier domicile du défunt (Code civil, art. 720). Sans testament, la loi désigne les héritiers par ordre : enfants et descendants d’abord, puis parents, frères et sœurs, puis autres ascendants, enfin autres collatéraux (art. 734). Le conjoint survivant hérite toujours : avec des enfants communs, il choisit entre l’usufruit de la totalité et la propriété du quart ; avec des enfants d’une autre union, il reçoit le quart en propriété (art. 757). Il bénéficie aussi d’un droit au logement (art. 763 et 764).

Le défunt peut modifier cette répartition par testament ou par donation, mais seulement dans la limite de la quotité disponible. La réserve héréditaire est la fraction de la succession que la loi garantit aux enfants : la moitié pour un enfant, les deux tiers pour deux, les trois quarts pour trois ou plus (art. 913). Sans descendant, le conjoint survivant est réservataire pour un quart (art. 914-1). Une libéralité excessive n’est pas nulle : elle est réduite à la demande des héritiers réservataires.

Le testament olographe doit être entièrement écrit, daté et signé de la main du testateur (art. 970) ; le testament authentique est reçu par un notaire assisté de deux témoins ou d’un second notaire (art. 971). Il peut être contesté pour insanité d’esprit (art. 901), vice de forme ou atteinte à la réserve. Les donations consenties par le défunt à un héritier sont en principe rapportées à la succession, c’est-à-dire réintégrées dans la masse à partager, sauf si elles ont été faites hors part successorale (art. 843).

Vos droits selon votre position

Vous êtes héritier et vous hésitez à accepter

Trois options s’offrent à vous (art. 768). L’acceptation pure et simple vous rend tenu des dettes du défunt, même au-delà de l’actif. L’acceptation à concurrence de l’actif net, déclarée au greffe du tribunal judiciaire ou devant notaire et suivie d’un inventaire, limite votre obligation à ce que vous recevez (art. 787 et s.). La renonciation vous efface de la succession, vos enfants venant à votre place. Le choix se fait après inventaire, sans précipitation : vendre un bien ou encaisser des sommes vaut acceptation tacite (art. 782 et 783).

Vous êtes en conflit avec vos cohéritiers

L’indivision née du décès obéit à des règles précises : les actes d’administration se décident à la majorité des deux tiers, la vente d’un bien exige l’unanimité, sauf autorisation judiciaire (art. 815-3 et 815-5-1). L’héritier qui occupe seul un logement indivis doit une indemnité d’occupation (art. 815-9) ; celui qui a financé des travaux de conservation détient une créance sur l’indivision (art. 815-13). Ces comptes sont souvent le cœur du litige et se règlent au moment du partage.

Vous soupçonnez une dissimulation ou une captation

L’héritier qui a détourné des biens ou dissimulé l’existence d’un cohéritier commet un recel successoral : il est réputé acceptant pur et simple et perd tout droit sur les biens recelés (art. 778). Retraits bancaires inexpliqués avant le décès, assurance-vie aux primes manifestement exagérées, donation déguisée : le cabinet réunit les preuves, notamment en obtenant les relevés bancaires, et fait réintégrer les sommes dans la masse à partager.

Ce que fait concrètement le cabinet

Dès le premier rendez-vous, le cabinet établit la carte de la succession : héritiers, régime matrimonial du défunt, testament et donations connues, actif et passif, assurances-vie. Il vous conseille sur l’option à exercer et en formalise la déclaration si vous acceptez à concurrence de l’actif net ou renoncez. Il travaille avec le notaire chargé de la succession, dont il vérifie les projets d’actes : évaluation des biens, rapport des donations, récompenses dues au titre du régime matrimonial du défunt, droits du conjoint.

En cas de désaccord, le cabinet négocie un partage amiable, éventuellement avec attribution préférentielle du logement ou de l’entreprise familiale à l’héritier qui y a vocation (art. 831 et s.). Si le blocage persiste, il assigne en partage judiciaire devant le tribunal judiciaire, demande la désignation d’un notaire commis et d’un expert, et suit la procédure jusqu’à l’homologation de l’état liquidatif ou la vente aux enchères des biens. Il engage également les actions spécifiques : réduction des libéralités excessives, recel, nullité de testament, comptes d’indivision.

Le cabinet intervient aussi en amont, pour organiser une transmission : rédaction d’un testament, conseil sur une donation-partage, situation du partenaire de PACS ou du concubin, qui n’hérite pas sans testament. Lorsque la succession comporte un bien immobilier à vendre ou à conserver en indivision, les questions de droit immobilier sont traitées dans le même dossier.

Les erreurs à éviter et les délais à ne pas manquer

  • Prendre possession des biens ou vider le logement du défunt avant d’avoir opté : ces actes valent acceptation pure et simple et vous engagent sur les dettes (art. 782 et 783).
  • Laisser passer le délai de six mois pour déposer la déclaration de succession et payer les droits (Code général des impôts, art. 641) : des intérêts de retard et une majoration s’appliquent, même si le partage n’est pas fait.
  • Oublier le délai de l’action en réduction : cinq ans à compter du décès, ou deux ans à compter de la découverte de l’atteinte à la réserve, sans pouvoir dépasser dix ans (art. 921).
  • Négliger le droit viager au logement du conjoint survivant, qui doit être réclamé dans l’année du décès (art. 765-1).
  • Accepter une évaluation des biens sans la discuter : une sous-évaluation ou une surévaluation déséquilibre le partage et la fiscalité.
  • Signer un acte de partage sous la pression : un partage peut être complété en cas de lésion de plus du quart (art. 889), mais le contentieux est long.

Chaque délai court souvent sans que l’héritier en soit averti : consulter dès le décès, avant toute démarche, évite la plupart de ces pièges.

Comment se déroule la procédure ?

  1. 01Inventaire de la successionRecensement de l’actif, du passif, des donations antérieures et des assurances-vie ; recherche d’un testament au fichier central des dernières volontés.
  2. 02Choix de l’option successoraleAccepter, accepter à concurrence de l’actif net ou renoncer, selon le risque de dettes, dans les délais légaux et avec les bonnes déclarations.
  3. 03Liquidation et partage amiableÉvaluation des biens, rapport des donations, calcul des parts et des droits du conjoint, acte de partage signé devant notaire.
  4. 04Partage judiciaire si blocageAssignation devant le tribunal judiciaire du lieu d’ouverture, désignation d’un notaire commis, expertise, vente aux enchères des biens non partageables.
  5. 05Contentieux spécifiquesAction en réduction, recel successoral, nullité de testament, indemnité d’occupation, comptes entre indivisaires.

Chaque dossier est unique. Parlons du vôtre.

Textes de référence

  • Code civil, art. 720 à 892 (dévolution, option, indivision, partage)
  • Code civil, art. 912 à 930-5 (réserve héréditaire, quotité disponible, réduction)
  • Code civil, art. 967 à 1047 (testaments)
  • Code général des impôts, art. 641 (déclaration de succession)
Maître Estelle Boccara

Maître Estelle Boccara

Avocat au Barreau de Paris. Formée au sein de cabinets spécialisés en droit immobilier et de la construction, Estelle Boccara défend aujourd’hui particuliers, entreprises et institutionnels.

Questions fréquentes.

Peut-on déshériter un enfant ?

Non. Chaque enfant est héritier réservataire : la moitié de la succession lui est garantie s’il est seul, les deux tiers à deux enfants, les trois quarts à trois enfants ou plus (art. 913). Le défunt ne dispose librement que du surplus, la quotité disponible. Un testament ou une donation qui dépasse cette limite est réductible à la demande de l’enfant lésé, sauf indignité ou renonciation anticipée.

Combien de temps a-t-on pour accepter ou renoncer à une succession ?

L’héritier ne peut être contraint d’opter avant quatre mois. Passé ce délai, un créancier, un cohéritier ou l’État peut le sommer de choisir ; il a alors deux mois, faute de quoi il est réputé acceptant pur et simple (art. 771 et 772). Sans sommation, l’héritier resté silencieux dix ans est réputé renonçant (art. 780). Renoncer ou accepter à concurrence de l’actif net se déclare au tribunal ou devant notaire.

Que faire si un héritier bloque le partage ?

Nul ne peut être contraint de demeurer dans l’indivision (art. 815). Après une tentative amiable, tout indivisaire peut assigner les autres devant le tribunal judiciaire du lieu d’ouverture de la succession pour obtenir le partage judiciaire ; l’assignation doit décrire le patrimoine et les diligences amiables accomplies. Le juge peut désigner un notaire, ordonner une expertise et, si un bien ne peut être partagé, sa vente aux enchères.

Combien de temps pour contester un testament ?

L’action en nullité d’un testament, pour insanité d’esprit, vice de forme ou vice du consentement, se prescrit par cinq ans à compter du décès ou de la découverte du testament. L’action en réduction d’un legs qui empiète sur la réserve doit être engagée dans les cinq ans du décès, ou dans les deux ans de la découverte de l’atteinte, sans jamais dépasser dix ans après le décès (art. 921).

Un avocat est-il utile si un notaire est déjà chargé de la succession ?

Oui. Le notaire est un officier public impartial, chargé d’établir les actes pour l’ensemble des héritiers ; il ne défend pas les intérêts de l’un contre les autres. L’avocat vous conseille sur l’option, vérifie l’évaluation des biens et le rapport des donations, négocie avec les cohéritiers et, si le blocage persiste, saisit le tribunal. Seul l’avocat peut vous représenter dans un partage judiciaire.

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