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Droit de la famille

Avocat divorce à Paris, amiable ou contentieux

La réponse de l’avocat

Le Code civil prévoit quatre cas de divorce : par consentement mutuel, pour acceptation du principe de la rupture, pour altération définitive du lien conjugal et pour faute. Le divorce par consentement mutuel se conclut sans juge, par une convention rédigée par les avocats des deux époux, signée après un délai de réflexion de quinze jours puis déposée chez un notaire. Les trois autres cas relèvent du juge aux affaires familiales, saisi par assignation ou par requête conjointe.

Maître Estelle Boccara, Avocat au Barreau de ParisMis à jour le

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Divorce amiable & contentieux · réponse sous 24 h

Confidentiel · secret professionnel

Cas de divorce
4 (Code civil, art. 229)
Délai de réflexion
15 jours
Altération du lien conjugal
1 an de séparation
Juge compétent
JAF du tribunal judiciaire

Les quatre cas de divorce prévus par le Code civil

Depuis la loi du 26 mai 2004, l’article 229 du Code civil distingue quatre cas de divorce. Le divorce par consentement mutuel suppose un accord complet des époux, sur le principe comme sur toutes les conséquences. Le divorce accepté repose sur un accord limité au principe de la rupture, le juge tranchant le reste. L’altération définitive du lien conjugal sanctionne une séparation d’au moins un an. Le divorce pour faute exige la preuve d’une violation grave ou renouvelée des devoirs du mariage.

Le choix du fondement n’est pas anodin. Il conditionne la durée de la procédure, son coût, la charge de la preuve et le climat de la séparation. Un divorce accepté aboutit en quelques mois lorsque les époux s’entendent sur le principe ; un divorce pour faute impose de constituer un dossier de preuves et prolonge souvent l’instance. Le cabinet vous aide à retenir le fondement le plus adapté à vos objectifs, financiers comme familiaux.

Dans tous les cas, l’avocat est obligatoire : un avocat par époux pour le divorce par consentement mutuel, et une représentation obligatoire devant le juge aux affaires familiales pour les divorces judiciaires. Un même avocat ne peut jamais représenter les deux époux dans un divorce par acte d’avocats.

Le divorce par consentement mutuel : sans juge, mais pas sans règles

Depuis le 1er janvier 2017, le divorce par consentement mutuel est en principe un divorce sans juge (art. 229-1). Les époux, chacun assisté de son avocat, signent une convention prenant la forme d’un acte sous signature privée contresigné par avocats. Elle règle tout : résidence des enfants, contribution à leur entretien, prestation compensatoire, sort du logement, partage des biens. Elle est ensuite déposée au rang des minutes d’un notaire, qui lui donne date certaine et force exécutoire.

La loi impose un délai de réflexion de quinze jours : le projet de convention est adressé à chaque époux par lettre recommandée avec avis de réception et ne peut être signé avant l’expiration de ce délai, à peine de nullité (art. 229-4). L’avocat dépose ensuite la convention chez le notaire dans les sept jours suivant la signature. Le notaire vérifie le respect des mentions obligatoires et du délai, puis enregistre l’acte : le divorce est acquis.

Cette voie est fermée dans deux hypothèses : lorsqu’un enfant mineur, informé de son droit à être entendu, demande son audition par le juge, et lorsqu’un époux est placé sous un régime de protection tel que la tutelle ou la curatelle (art. 229-2). Le divorce par consentement mutuel devient alors judiciaire et la convention est homologuée par le juge aux affaires familiales. Notre article sur le divorce par consentement mutuel, ses délais, son coût et ses pièges détaille les points de vigilance.

Le divorce judiciaire : de l’assignation au jugement

Lorsqu’un accord global est impossible, le divorce est demandé au juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire, par assignation d’un époux ou par requête conjointe. Depuis le 1er janvier 2021, il n’y a plus de requête initiale ni de tentative de conciliation. L’acte introductif peut indiquer le fondement s’il s’agit du divorce accepté ou de l’altération du lien ; la faute n’est exposée que dans les premières conclusions (art. 251). À peine d’irrecevabilité, la demande comporte une proposition de règlement des intérêts pécuniaires et patrimoniaux des époux (art. 252).

La première étape est l’audience d’orientation et sur mesures provisoires. Le juge y organise la vie séparée des époux pendant l’instance : résidence séparée, attribution de la jouissance du logement, pension alimentaire au titre du devoir de secours, résidence des enfants et contribution à leur entretien, désignation d’un notaire pour préparer la liquidation du régime matrimonial (art. 254 et 255). Ces mesures provisoires s’appliquent jusqu’à ce que le jugement de divorce soit définitif.

L’affaire est ensuite mise en état : échange de conclusions et de pièces, éventuelle expertise ou enquête sociale, puis audience de plaidoirie. Le jugement prononce le divorce, statue sur la prestation compensatoire, les enfants et, s’il en est saisi, sur la liquidation. Chaque époux dispose d’un mois à compter de la signification du jugement pour faire appel. Une fois définitif, le divorce est mentionné en marge des actes de mariage et de naissance.

Prestation compensatoire et liquidation du régime matrimonial

La prestation compensatoire corrige la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie des époux (art. 270). Elle prend en principe la forme d’un capital, versé en une fois, échelonné sur huit ans au plus ou constitué par l’abandon d’un bien ; la rente viagère reste l’exception, réservée aux situations d’âge ou de santé. Le juge apprécie notamment la durée du mariage, l’âge, la qualification professionnelle, les choix de carrière faits pour la famille, le patrimoine et les droits à retraite de chacun (art. 271).

Le divorce impose aussi de liquider le régime matrimonial. Sous le régime légal de la communauté réduite aux acquêts, il faut inventorier les biens communs, les dettes et les récompenses dues entre chaque époux et la communauté ; en séparation de biens, régler les créances entre époux et sortir de l’indivision. Le cabinet travaille avec le notaire sur l’état liquidatif et, en cas de blocage persistant, demande au juge du divorce de trancher les points de désaccord (art. 267). Les régimes matrimoniaux sont détaillés sur une page dédiée.

Les enfants ne sont pas oubliés : résidence habituelle ou alternée, droit de visite et d’hébergement, contribution à l’entretien et à l’éducation sont fixés dans la convention ou par le juge, toujours selon l’intérêt de l’enfant. Ces questions sont développées sur notre page consacrée à la garde des enfants et à la pension alimentaire.

Les erreurs à éviter et les délais à respecter

Certaines maladresses des premières semaines pèsent sur toute la procédure. Les plus fréquentes sont les suivantes.

  • Quitter le domicile conjugal sans en formaliser les raisons : ce départ peut être qualifié d’abandon du domicile conjugal. Un accord écrit entre époux ou la saisine rapide du juge sécurisent la situation.
  • Signer la convention avant l’expiration du délai de réflexion de quinze jours : elle est nulle.
  • Signer une convention de divorce sans acte liquidatif alors qu’il existe un bien immobilier : l’état liquidatif notarié doit y être annexé (art. 229-3).
  • Oublier de demander la prestation compensatoire pendant l’instance : une fois le divorce définitif, il est trop tard.
  • Laisser passer le délai d’appel d’un mois à compter de la signification du jugement.
  • Dissimuler des biens ou des revenus : le recel de communauté prive l’époux fautif de sa part dans les biens dissimulés (art. 1477) et fragilise toute négociation.

Le cabinet fixe dès le premier rendez-vous un calendrier réaliste, réunit les pièces utiles (avis d’imposition, relevés bancaires, titres de propriété, contrat de mariage, actes d’état civil) et engage la procédure dans le bon ordre. Les modalités d’intervention sont présentées sur la page honoraires.

Comment se déroule la procédure ?

  1. 01Consultation et choix de la voieAnalyse de votre situation, des enfants et du patrimoine pour choisir entre consentement mutuel et divorce judiciaire, et fixer le fondement.
  2. 02Convention ou assignationRédaction de la convention de divorce, ou de l’assignation avec la proposition de règlement des intérêts patrimoniaux exigée par la loi.
  3. 03Audience d’orientation (judiciaire)Le juge fixe les mesures provisoires : résidence séparée, jouissance du logement, pension, organisation de la vie des enfants pendant la procédure.
  4. 04Jugement ou dépôt chez le notaireLe juge prononce le divorce et ses effets ; à l’amiable, la convention signée est déposée au rang des minutes d’un notaire sous sept jours.
  5. 05Liquidation et transcriptionPartage du régime matrimonial, versement de la prestation compensatoire, mention du divorce en marge des actes d’état civil.

Chaque dossier est unique. Parlons du vôtre.

Textes de référence

  • Code civil, art. 229 à 229-4 (cas de divorce, consentement mutuel par acte d’avocats)
  • Code civil, art. 233 à 246 (divorce accepté, altération définitive du lien conjugal, faute)
  • Code civil, art. 252 à 257 et 270 à 281 (procédure, mesures provisoires, prestation compensatoire)
  • Code de procédure civile, art. 1106 et s. et 1144 et s.
Maître Estelle Boccara

Maître Estelle Boccara

Avocat au Barreau de Paris. Formée au sein de cabinets spécialisés en droit immobilier et de la construction, Estelle Boccara défend aujourd’hui particuliers, entreprises et institutionnels.

Questions fréquentes.

Combien de temps dure un divorce par consentement mutuel ?

Une fois les époux d’accord sur tout et les pièces réunies, comptez le plus souvent un à trois mois : rédaction du projet, envoi par lettre recommandée, délai de réflexion de quinze jours, signature, dépôt chez le notaire sous sept jours. Le divorce prend effet à la date du dépôt. Un bien immobilier à partager allonge ce délai, car l’acte liquidatif notarié doit être prêt avant la signature.

Combien coûte un divorce ?

Le divorce par consentement mutuel fait le plus souvent l’objet d’un forfait par avocat, fixé dans une convention d’honoraires, auquel s’ajoutent les émoluments du notaire pour le dépôt et, en présence d’un bien immobilier, pour l’acte de partage. Un divorce judiciaire est facturé au forfait par étape ou au temps passé, selon la durée et l’intensité du contentieux.

Faut-il prouver une faute pour divorcer ?

Non. Trois cas de divorce sur quatre n’exigent aucune faute. L’altération définitive du lien conjugal permet de divorcer dès lors que les époux vivent séparés depuis au moins un an à la date de la demande, même si l’autre s’y oppose. Le divorce pour faute reste possible en cas de violation grave ou renouvelée des devoirs du mariage, comme des violences ou un adultère.

Qu’est-ce que la prestation compensatoire ?

C’est une somme, versée en principe sous forme de capital, qui compense la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie des époux. Elle est fixée selon la durée du mariage, l’âge et la santé, la situation professionnelle, les choix de carrière faits pour la famille et les droits à retraite de chacun (art. 271). Elle n’est ni automatique ni liée à une faute.

Que deviennent nos biens après le divorce ?

Le divorce entraîne la liquidation du régime matrimonial : inventaire des biens communs ou indivis, des dettes et des récompenses, puis partage. Elle peut être réglée dans la convention de divorce ou après le jugement, à l’amiable devant notaire ou, en cas de blocage, devant le tribunal judiciaire. Le juge du divorce peut aussi trancher les désaccords persistants s’il en est saisi pendant l’instance.

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