AppelerConsultation →

Droit de la famille

Avocat régimes matrimoniaux à Paris : contrat, liquidation

La réponse de l’avocat

Sans contrat de mariage, les époux sont mariés sous le régime légal de la communauté réduite aux acquêts : les biens acquis pendant le mariage sont communs, ceux possédés avant ou reçus par succession ou donation restent propres. Un contrat de mariage, signé devant notaire, permet de choisir la séparation de biens, la participation aux acquêts ou la communauté universelle. Le régime peut être changé pendant le mariage par acte notarié ; il est liquidé au divorce ou au décès.

Maître Estelle Boccara, Avocat au Barreau de ParisMis à jour le

Être rappelé gratuitement

Régimes matrimoniaux · réponse sous 24 h

Confidentiel · secret professionnel

Régime légal sans contrat
Communauté d’acquêts
Contrat de mariage
Acte notarié avant l’union
Opposition au changement
3 mois
Délai du notaire commis
1 an, prorogeable 1 an

Comprendre les régimes matrimoniaux

Le régime matrimonial est l’ensemble des règles qui organisent les rapports patrimoniaux entre époux : à qui appartiennent les biens, qui répond des dettes, comment le patrimoine est partagé à la fin de l’union. Le Code civil laisse aux époux une large liberté de choix (art. 1387). À défaut de contrat de mariage, le régime légal s’applique : la communauté réduite aux acquêts (art. 1400 et s.), qui concerne la grande majorité des couples mariés en France.

Sont communs les biens acquis pendant le mariage grâce aux gains et salaires des époux et aux revenus de leurs biens propres (art. 1401). Restent propres les biens possédés avant le mariage, ceux reçus par succession ou donation (art. 1405) et ceux acquis en remploi de fonds propres, si l’acte le déclare (art. 1434). Tout bien dont l’origine ne peut être prouvée est présumé commun (art. 1402). Chaque époux gère seul les biens communs, mais vendre un immeuble commun ou un fonds de commerce exige l’accord des deux (art. 1424).

Quel que soit le régime, un socle impératif s’applique à tous les couples mariés, appelé régime primaire (art. 212 et s.) : contribution aux charges du mariage à proportion des facultés de chacun (art. 214), solidarité pour les dettes ménagères (art. 220) et protection du logement de la famille, qu’aucun époux ne peut vendre, hypothéquer ou donner à bail sans l’accord de l’autre, même s’il en est seul propriétaire (art. 215).

Choisir ou changer de régime selon votre situation

Vous exercez une activité indépendante ou dirigez une entreprise

La séparation de biens (art. 1536) est le régime privilégié par les entrepreneurs, commerçants et professions libérales : les dettes professionnelles de l’un ne peuvent être poursuivies sur les biens de l’autre. En communauté, les créanciers professionnels peuvent saisir les biens communs, sauf les gains et salaires du conjoint (art. 1414) ; seuls l’emprunt et le cautionnement souscrits sans l’accord de l’autre époux restent cantonnés aux biens propres et aux revenus du souscripteur (art. 1415). Une clause de société d’acquêts permet de mettre en commun certains biens, comme le logement.

Vous souhaitez protéger votre conjoint en cas de décès

La communauté universelle (art. 1526) met en commun tous les biens ; assortie d’une clause d’attribution intégrale au survivant, elle lui transmet tout le patrimoine sans succession. Elle convient aux couples sans enfant d’une autre union : les enfants non communs disposent d’une action en retranchement pour préserver leur réserve (art. 1527). La clause de préciput (art. 1515) permet aussi au survivant de prélever un bien, comme le logement, avant tout partage. Ces avantages matrimoniaux se combinent avec la donation au dernier vivant (art. 1094-1) et les règles des successions.

Vous voulez l’indépendance pendant le mariage et un partage équitable à la fin

La participation aux acquêts (art. 1569 et s.) fonctionne comme une séparation de biens pendant le mariage : chacun gère et conserve ses biens. À la dissolution, l’enrichissement de chaque époux est mesuré en comparant son patrimoine d’origine et son patrimoine final ; celui qui s’est le plus enrichi doit à l’autre une créance de participation égale à la moitié de la différence. Ce régime, peu répandu, convient aux couples dont l’un renonce à une carrière pour la famille tout en souhaitant préserver l’autonomie de gestion de chacun.

Ce que fait concrètement le cabinet

Avant le mariage, le cabinet analyse votre situation : activité et risques professionnels, patrimoine de chacun, enfants d’une première union, projets d’acquisition ou de transmission. Il vous propose le régime et les clauses adaptés, puis prépare avec le notaire le contrat de mariage, reçu par acte notarié avant la célébration (art. 1394). Un couple déjà marié peut changer de régime dans l’intérêt de la famille (art. 1397) ; le cabinet gère l’information des enfants majeurs et des créanciers, qui ont trois mois pour s’opposer, et l’éventuelle homologation judiciaire.

Au divorce, la liquidation du régime est souvent l’enjeu financier majeur. Le cabinet reconstitue l’histoire patrimoniale du couple : origine des fonds, biens propres et communs, remplois, comptes de récompenses (art. 1433, 1437 et 1469), créances entre époux, indemnité d’occupation du logement. Il défend votre position auprès du notaire chargé de l’état liquidatif et, en cas de désaccord persistant, devant le juge aux affaires familiales dans le cadre de la procédure de divorce ou, après celui-ci, devant le tribunal judiciaire.

Au décès, le cabinet fait valoir les droits du conjoint survivant : liquidation de la communauté avant le règlement de la succession, avantages matrimoniaux, récompenses dues par la succession, droit au logement. Il conseille aussi les entrepreneurs et leur conjoint sur l’articulation du régime matrimonial avec le statut de l’entreprise et la protection du patrimoine personnel, en lien avec le droit des sociétés.

Les erreurs à éviter

  • Acheter un bien avec des fonds propres sans déclaration de remploi dans l’acte : le bien devient commun, sauf récompense à prouver (art. 1434).
  • Financer le logement de l’autre époux en séparation de biens sans trace écrite : la contribution aux charges du mariage peut absorber votre créance.
  • Changer de régime peu avant un divorce ou pour échapper à des créanciers : l’acte peut être contesté pour fraude.
  • Négliger la date des effets du divorce : entre époux, le jugement prend effet, pour les biens, à la date de la demande en divorce (art. 262-1), ce qui fixe la composition de la communauté à partager.
  • Signer une convention de liquidation sans vérifier les évaluations, les récompenses et le passif : un partage peut être complété pour lésion de plus du quart (art. 889), mais au prix d’un nouveau contentieux.
  • Oublier que les avantages matrimoniaux prenant effet à la dissolution, comme l’attribution intégrale, sont révoqués de plein droit par le divorce (art. 265).

Un premier rendez-vous permet de qualifier vos biens et d’anticiper ces difficultés, avant le mariage comme au moment de la séparation.

Comment se déroule la procédure ?

  1. 01Bilan patrimonial et objectifsSituation professionnelle, biens propres, projets d’acquisition, protection du conjoint et des enfants d’une première union.
  2. 02Choix et rédaction du contratSélection du régime et des clauses utiles (préciput, attribution intégrale, société d’acquêts), rédaction avec le notaire avant le mariage.
  3. 03Changement de régimeActe notarié, information des enfants majeurs et des créanciers, homologation par le tribunal judiciaire seulement en cas d’opposition.
  4. 04Liquidation au divorce ou au décèsInventaire, qualification des biens, calcul des récompenses et des créances entre époux, projet d’état liquidatif.
  5. 05Partage amiable ou judiciaireActe de partage devant notaire ou, en cas de désaccord, saisine du juge du divorce ou du tribunal judiciaire.

Chaque dossier est unique. Parlons du vôtre.

Textes de référence

  • Code civil, art. 212 à 226 (régime primaire : logement familial, dettes ménagères)
  • Code civil, art. 1387 à 1399 (contrat de mariage, changement de régime)
  • Code civil, art. 1400 à 1491 (communauté légale, récompenses, liquidation)
  • Code civil, art. 1497 à 1581 (communautés conventionnelles, séparation de biens, participation aux acquêts)
Maître Estelle Boccara

Maître Estelle Boccara

Avocat au Barreau de Paris. Formée au sein de cabinets spécialisés en droit immobilier et de la construction, Estelle Boccara défend aujourd’hui particuliers, entreprises et institutionnels.

Questions fréquentes.

Peut-on changer de régime matrimonial pendant le mariage ?

Oui, à tout moment, par acte notarié, sans délai minimum depuis la loi du 23 mars 2019 (art. 1397). Les enfants majeurs sont informés personnellement et les créanciers par une publication ; ils disposent de trois mois pour s’opposer. En cas d’opposition, le changement est soumis à l’homologation du tribunal judiciaire. En présence d’un enfant mineur, le notaire peut saisir le juge des tutelles si le changement compromet ses intérêts.

Les dettes de mon conjoint m’engagent-elles ?

Cela dépend du régime et de la dette. Dans tous les régimes, les dettes ménagères engagent solidairement les deux époux, sauf dépenses manifestement excessives (art. 220). En communauté, une dette contractée par un époux peut être poursuivie sur les biens communs, mais un emprunt ou un cautionnement souscrit seul n’engage que ses biens propres et ses revenus (art. 1413 et 1415). En séparation de biens, chacun répond de ses dettes.

Qu’est-ce qu’une récompense ?

C’est l’indemnité due, lors de la liquidation d’une communauté, lorsque le patrimoine commun s’est enrichi au détriment du patrimoine propre d’un époux ou inversement (art. 1433 et 1437). Exemple : un époux a financé l’achat d’un bien commun avec de l’argent hérité ; la communauté lui doit une récompense. Son montant est en principe égal au profit subsistant, c’est-à-dire réévalué selon la valeur actuelle du bien (art. 1469).

En séparation de biens, mon conjoint a-t-il des droits sur ce que j’achète ?

Chaque époux reste propriétaire des biens qu’il acquiert et de ses revenus (art. 1536). Mais les biens achetés ensemble sont indivis, ceux dont la propriété ne peut être prouvée sont présumés indivis par moitié (art. 1538), et l’époux qui a financé un bien de l’autre au-delà de sa contribution aux charges du mariage détient une créance (art. 1543). Le logement familial est protégé dans tous les régimes (art. 215).

Combien de temps dure la liquidation d’un régime matrimonial ?

À l’amiable, quelques mois suffisent lorsque les époux s’accordent sur la qualification et la valeur des biens. En cas de désaccord, le juge du divorce, ou le tribunal judiciaire après celui-ci, désigne un notaire commis qui dispose d’un an, prorogeable, pour établir l’état liquidatif (Code de procédure civile, art. 1368) ; les contestations sont ensuite tranchées par le juge. Une procédure judiciaire complète dure fréquemment plus de deux ans.

Autres expertises en droit de la famille

Voir la page Droit de la famille →